L'bservatoire

Pourquoi un réseau d’observatoires des amphibiens ?


Sonneur à ventre jaune

La biodiversité est menacée. Avec un taux d’extinction d’espèces 100 à 1000 fois supérieur au rythme naturel, sa conservation mondiale apparait comme un enjeu de taille. Les amphibiens paient un lourd tribut. Ces trente dernières années, 9 de leurs espèces se sont éteintes dans le monde et 1896 sont menacées d’extinction, soit près d’une espèce sur trois.
En France métropolitaine, une espèce d’amphibien sur cinq risque de disparaitre, selon la Liste rouge nationale des espèces menacées !


Les amphibiens : bio-indicateurs de l’état de la ressource en eau


Etang forestier en Haute-Loire

« Espèces sentinelles » de la qualité des eaux, des pollutions, de l'eutrophisation des milieux lentiques et des variations climatiques, les amphibiens permettent d'évaluer la qualité des milieux dans lesquels ils évoluent.

Particulièrement sensibles aux perturbations et aux modifications de notre environnement, à l'instar des communautés phyto-sociologiques, les amphibiens sont aujourd’hui reconnus comme des bio-indicateurs avérés de la qualité de la ressource en eau, en appui de l’évaluation et la caractérisation des impacts sur les milieux humides, par les gestionnaires de l’eau.




Les milieux de reproduction : des espaces aquatiques à protéger !


Mare aveyronnaise

« Réservoirs de biodiversité », l’omniprésence des milieux aquatiques, qui caractérise le territoire du Massif Central avec, sur ses hauteurs, la forte présence des très petits cours d’eau et des zones humides ; l’abondance des étangs, mares, fossés, boires et autres micro-habitats, complétés par le petit patrimoine vernaculaire (lavoirs, lavognes, pêcheries, etc…) lié à l’eau, encore très présent, forment :
--> des réservoirs de biodiversité aquatique,
--> des éléments fondamentaux de la régulation du cycle de l’eau (stockage et épuration de l’eau, prévention des crues, etc…).

L’effet cumulé de la destruction et la dégradation de ces milieux humides et aquatiques, engendrent, à l’échelle d’un bassin versant, des conséquences graves identifiées dans les mesures des SDAGE et de la DCE.
--> Deux tiers de la superficie des zones humides originelles françaises ont été détruites. En cent ans, cette disparition représente 2,5 millions d’hectares, soit trois fois la superficie de la Corse.

Le Massif central au carrefour géographique de la répartition de nombreuses espèces.


Rainette arboricole

Le Massif central abrite une multitude d’amphibiens (22 espèces sur les 35 que compte la France métropolitaine) et des milieux riches et variés dont dépend leur survie. Les observatoires des amphibiens ont été créés en 2011 dans le Massif central, pour étudier et sauvegarder ce patrimoine naturel exceptionnel.

Le réseau d’observatoires des amphibiens en Massif central a pour objectifs :

- l’amélioration des connaissances scientifiques sur les amphibiens,
- la protection des espèces et des écosystèmes dont elles dépendent,
- la sensibilisation du public à la sauvegarde de la biodiversité,
- la mise en réseau des acteurs des territoires.

Qui porte les observatoires ?

Les observatoires des amphibiens sont portés par le réseau des CPIE (Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement). D’autres associations s'y sont ralliées, Limousin Nature Environnement et la LPO Lot (Ligue pour la Protection des Oiseaux). Qui contacter près de chez moi?

Le réseau des Observatoires est épaulé par de nombreux partenaires techniques et scientifiques. Les suivis réalisés s'inscrivent dans le cadre de programmes scientifiques nationaux coordonnés par le Muséum National d'Histoire Naturelle (MNHN) et la Société Herpétologique de France (SHF). Le Groupe Mammalogique et Herpétologique du Limousin (GMHL) est le référent scientifique du projet à l'échelle du Massif central. A l'échelle régionale et locale, de nombreuses structures apportent leur soutien et leurs compétences au service du réseau : services de l'Etat, syndicats mixtes, collectivités, associations... Retrouvez-en quelques-unes en page de liens.

En quoi consiste le programme scientifique ?


Pose de dispositifs de capture temporaire lors d'un protocole de suivi

Le faible nombre d'observateurs scientifiques a entrainé dans les dernières décennies l'insuffisance, voire l'absence sur certains territoires, de données quantitatives sur la présence et l'évolution des espèces d'amphibiens. Par ailleurs, les programmes de recherche ou de préservation existants sur les territoires étaient jusqu'alors très dispersés. Le réseau des CPIE et son Union Nationale collaborent donc avec le Muséum National d'Histoire naturelle (MNHN) et la Société herpétologique de France (SHF) dans la mise en place des observatoires de la batrachofaune.

Le volet scientifique est basé, d'une part, sur les protocoles Popamphibien, élaborés par ces grands partenaires nationaux : des dizaines de sites sont ainsi suivis à travers tout le Massif central, les données récoltées contribuent à l'Observatoire national de la batrachofaune française. D'autre part, toutes les données d'observation possibles sont recueillies en vue d'être synthétisées et analysées, pour constituer un inventaire permanent de la batrachofaune. Des restitutions annuelles permettent de porter à la connaissance de tout citoyen l'évolution de ces inventaires. Elles seront prochainement consultables sur ce site en page "Publications".

La recherche scientifique nécessite un travail de suivi sur le long terme, particulièrement pour permettre de dégager des tendances évolutives pour les espèces. Ces travaux ont aussi vocation à éclairer les politiques publiques de conservation des espèces, ou les actions de tout organisme gestionnaire d'espaces naturels. Ainsi, la pertinence de ces observatoires de biodiversité s'inscrit dans la durée, et dans la collaboration avec les réseaux d'acteurs.

Vous avez dit sciences participatives ?

L'observatoire des amphibiens s'appuie également sur un programme de sciences participatives ouvert à tout citoyen, intitulé "Un dragon ! Dans mon jardin ?". Il permet de recueillir des données naturalistes auprès du public, qui peut signaler ses observations et contribuer à l'avancée des connaissances. Ce programme permet aussi d'agir pour la conservation des espèces et de leurs habitats grâce à des conseils personnalisés auprès des propriétaires et gestionnaires de milieux. Pour en savoir plus et nous rejoindre, rendez-vous à la page "Participer".

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